Les grottes volcaniques
Trois belles grottes sont situées sur l’extrémité de notre territoire, sur les bords du Cézallier, l’une sur la commune d’Auriac-l’Eglise, les deux autres sur Charmensac. En fait, elle ne sont plus sur le bassin versant de la Sianne, mais sur celui de l’Allagnon. De surprenantes coulées de lave ont recouvert un terrain qui n’a pas résisté à l’érosion : résultat, trois sites volcaniques insolites à découvrir et à protéger.
Les grottes représentent un patrimoine géologique, résultat de millions d’années d’activités volcaniques et d’érosions. Certaines sont connues car relativement accessibles, d’autres sont inaccessibles dans une végétation importante. Chaque cavité raconte une histoire géologique et humaine.
Les grottes témoignent d’un passé volcanique intense et très ancien dans le Cézallier. Plusieurs petits sites géologiques qui dominent la vallée de l’Allagnon à l’extrémité est du Cézallier sont accessibles depuis le plateau de la Bousseloeuf et du Bru. Ils recèlent une richesse scientifique et ethnologique à exploiter. Les quelques sondages effectués par les archéologues permettent de reconstituer les transformations géologiques des temps anciens et les diverses occupations humaines depuis la protohistoire.
En pénétrant dans ces cavités la température est fraiche plus on s’enfonce sous la roche basaltique. Et l’atmosphère plonge le visiteur dans un temps et des phénomènes révolus. L’observation du milieu et ses couches de laves, ses prismes, ses galets de rivière aident à comprendre l’histoire complexe des phénomènes géologiques et du relief inversé, l’action de l’eau et du ruissellement, l’érosion glaciaire…
Dans ces espaces souterrains selon leurs accès et leur proximité des villages et des sources, les populations paysannes ont su tirer parti de la nature pour utiliser ces lieux d’abri pastoral pour regrouper les moutons, abriter les bergers, ranger le matériel agricole. Durant la préhistoire ces grottes précédées d’un terre-plat ont probablement accueilli des chasseurs-cueilleurs en leur servant de refuge naturel face aux intempéries.
Aujourd’hui ces grottes représentent donc un mélange d’histoire géologique et humaine. La découverte d’un mobilier archéologique lors de débuts de sondages laisse présager pouvoir trouver du mobilier archéologique dans les couches de terre et de remblais. Un petit sondage au printemps 2025 à la grotte du diable non loin du rocher du Planchat à Charmensac a déjà permis de mettre au jour une pointe de flèche en silex, trace d’une occupation humaine durant la préhistoire..

Située à la limite des communes d’Auriac-l’Eglise et de Molompize, près du hameau de la Bousseloeuf, la belle grotte du Cuzet domine le "Trou de la Barraque", un petit vallon encaissé et sauvage qui s’achève sur les ruines du château d’Aurouze.
La grotte fut occupée par les chasseurs du Mésolithique (4000 ans avant notre ère)
La grotte se niche sous une superbe coulée de lave. Elle est curieusement plantée là sur un morceau de terre ingrate, propice aux chênes résistants et aux moutons.
L’infractuosité mesure une dizaine de mètres de profondeur et autant de large, avec seulement un peu plus de deux mètres de hauteur.
D’accès relativement facile, mais en fait peu connu si ce n’est des habitants de la Bousseloeuf, la grotte sert parfois de refuge aux moutons, ce qui explique le muret de pierre sèche posé à l’entrée sur toute la largeur.
Selon Alphonse Vinatié, l’archéologue local, auteur de nombreux travaux de recherches, il est fort probable que la grotte a connu une occupation humaine lors de la protohistoire, à la période du Mésolithique, soit environ 4000 ans avant notre ère.
Si elle n’avait pas été vidée de ses couches archéologiques, au fil des siècles, de précieuses informations auraient été d’un grand intérêt dans la connaissance des premiers peuplements de la région.
Assis dans la grotte, on rêve à imaginer que des hommes, chasseurs ou nomades ont trouvé dans cet endroit naturel, un abris temporaire ou permanent.
C’était à l’époque des dernières éruptions volcaniques en Auvergne, bien avant les tumulus que l’on trouve par centaines dans le pays.
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CUZE : nom gaulois qui indique le lieu où il y à une grotte, une cavité

Comme sous la patte d’un géant, la curieuse grotte du Cuze (Charmensac) ouvre l’accès aux mystères de l’ère du volcanisme en Auvergne. Nous avons sur ce site impressionnant la démonstration du système de création de cavités par des bulles de gaz piégées dans la lave en se refroidissant.

Un impressionnant travail d’érosion
Le magma en fusion qui s’échappait des cheminées volcaniques environnantes pour former la lave, contenait une phase liquide plus ou moins fluide selon sa nature, et une phase gazeuse.
Les laves basaltiques que nous trouvons sur notre territoire, et notamment sur le site du Cuze, étaient à l’origine très fluides. C’est ce qui a permis la formation de coulées parfois très longues. Les gaz s’en échappaient assez facilement, mais parfois ceux-ci étaient emprisonnés.
L’érosion qui a fait son oeuvre, a un beau jour atteint cette cavité gazeuse qui s’est échappée par la suite, laissant à l’air libre l’emplacement des gaz : une grotte, que nous pouvons admirer aujourd’hui.

Un espace hors du temps
Prismations géométriques

Sous le bout de la coulée de lave, la grotte du Cuze
Peu connue, mis à part par quelques anciens du pays, la grotte du diable s’invite à une découverte du mystère de la terre et aux riches formations géologiques qui parsèment le pays et les bords du Cézallier.
Pour arriver à la grotte du diable il faut emprunter l’ancien chemin qui passe au pied du majestueux rocher du Planchat et faire un petit kilomètre au milieu des fougères. Le chemin domine la vallée de l’Allagnon au niveau du hameau de Vauclair et sa célèbre chapelle et sa Vierge en Majesté.
Formée sous une superbe coulée volcanique l’entrée de la grotte est en partie précédée par un remblais de roches effondrées au fil des siècles couvrant ce qui devait être un espace plat devant la cavité autrefois.
Les différentes couches sédimentaires dans la grotte limitent la hauteur sous plafond à environ deux mètres. Un espace suffisant pour se tenir debout. On peut remarquer plusieurs couches de laves superposées avec par endroit des roches de basalte en arc de cercle.

Le phénomène de l’hexagone que l’on peut visualiser à hauteur d’homme dans les grottes volcaniques du Cuze et du Cuzet, sont l’expression géométrique qui traduit le mieux la répartition des déformations ainsi que le relâchement de la matière lors du retrait thermique après les coulées de lave des volcans du Cézallier.
Une prismation s’effectuait toujours perpendiculairement aux surfaces de refroidissement. Il en résultait des petites orgues verticales pour une coulée horizontale. En entrant dans les deux grottes du secteur , on peut voir par dessous uniquement ce phénomène du volcanisme.


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