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  • EDITION

    Parution du 19ème cahier annuel des Amis du Vieil Allanche et du Cézallier

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  • VALEURS ET TRACES

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  • ASSEMBLEE GENERALE 2026

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Patrimoine
L’eau
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Les lavoirs du XXème siècle

De tous temps le lavage domestique du linge a été effectué à un point d’eau, une fontaine, dans une mare, au ruisseau ou à la rivière. Les lavoirs évoquent une période aujourd’hui révolue ou résonnait l’écho des battoirs et des bavardages.

HYGIENE ET ROLE SOCIAL
Les lavoirs publics des villages
Les lavoirs publics des villages

Les lavoirs publics représentent les traces de l’utilisation collective de l’eau domestiquée. Ils furent aménagés pour permettre au plus grand nombre d’habitants d’y avoir accès pour le lavage du linge. Alimentés par une source ou un ruisseau ces lieux d’hygiène demandaient beaucoup d’eau pour permettre son renouvellement. Ils évoquent aujourd’hui une période révolue où résonnaient l’écho des battoirs et des bavardages, un lieu de sociabilité et symbole de salubrité publique .

L’encouragement de l’Etat pour construire des lavoirs pour éviter les épidémies a été concrétisé par la loi du 3 février 1851 prévoyant 30% de subventions des coûts de construction pour les lavoirs communaux. Cela a déclenché une vague de construction de lavoirs par les municipalités dans les milieux ruraux.

Le lavage du linge au lavoir représentait un travail manuel intense par les femmes : frotter, battre, rincer à la main parfois dans l’eau glacée, essorer, sécher.

Dès la fin du 19ème siècle les lavoirs ont pris des formes diverses adaptées aux besoins des villageois et à la géographie des lieux. Plusieurs types de lavoirs ont été construits dans les bourgs et les hameaux du Cézallier : lavoir au fil de l’eau, à la résurgence d’une source pour les plus anciens, bassin-cuve en pierre ou en béton parfois associé à un abreuvoir pour les animaux..ou à une fontaine.

 

NOUVEAUX EQUIPEMENTS DU 19ème SIECLE
Les lavoirs sommaires en pierre
Les lavoirs sommaires en pierre

Les plus anciens lavoirs collectifs encore présents ici et là dans le Cézallier, en pierre massive, ont été construits avec les matériaux, les techniques et les savoir-faire locaux. Ils reflètent les pratiques rurales fortement encouragées et développées dans la deuxième partie du 19ème siècle et du début du 20ème en faveur de nouvelles habitudes hygiénistes.

Généralement alimentés en eau par une source naturelle ou un petit ruisseau certains lavoirs étaient installés à l’écart du bourg ou du hameau, isolés dans l’espace rural...Deux exemples sur la commune de Laurie.

Lavoir alimenté en eau par un ruisseau à l’entrée du village de Leyvaux

AMPLEUR ET DEVELOPPEMENT
Les lavoirs-bassins
Les lavoirs-bassins

Au début du 20ème siècle le choix des matériaux pour la construction des lavoirs collectifs s’est adapté aux nouveautés industrielles notamment le béton armé. Des lavoirs-bassins rectangulaires ou carré de grande dimension ou double sont créés dans différents villages pouvant accueillir plusieurs lavandières en même temps. Des dalles inclinées ou plates bordent les bassins sur lesquelles les femmes frottaient le linge avec du savon, à genoux ou debout selon l’architecture du lavoir.

Double lavoir-bassin au hameau de Jureuge (Laurie)

Double bassins

On trouve aussi dans certains villages, notamment à Jureuge (Laurie) et Aubegeat (Peyrusse), un type de lavoir comportant deux bassins distincts. L’un des bassins servait généralement au lavage avec savon et battoir, l’autre au rinçage à l’eau claire. Cela permettait d’éviter que les eaux savonneuses ne contaminent l’eau du rinçage. Ce modèle était courant dans les gros villages où l’activité de lavage était importante ou bien organisée.

Double lavoir-bassin en pierre et béton au hameau d’Aubegeac (Peyrusse)

Lavoir et abreuvoirs

Dans les villages regroupant plusieurs fermes, le lavoir était précédé de plusieurs abreuvoirs pour les animaux et parfois associé à une fontaine couverte où non (bourg de Laurie). Placé en amont du lavoir les abreuvoirs permettaient aux animaux de s’hydrater sans souiller l’eau du bassin de lavage.

La source captée alimentait l’ensemble en eau courante avec un système de trop-plein qui dirigeait l’eau vers les abreuvoirs en cascade puis vers le lavoir comme celui du hameau de Fouillère (Laurie), spécimen spectaculaire et d’une belle ingéniosité dans la gestion de l’eau et des usages collectifs.

Le bassin lavoir-abreuvoir du hameau de Fouillère (Laurie)

EVOLUTION DU LAVAGE
Les lavoirs en béton
Les lavoirs en béton

Les lavoirs en béton sont apparus avec l’évolution des techniques de construction et l’industrialisation. Avec l’arrivée du béton ces petites structures ont gagné en solidité et en durabilité. Ils ont été utilisés jusqu’à l’arrivée des machines à laver dans les années 1960 principalement chez les particuliers, placés dans une grange ou tout simplement en extérieur près d’un point d’eau.

Conçus pour la séparation des étapes du lavage du linge ces lavoirs rectangulaires en béton d’environ 1,50 de long situés près d’un accès à l’eau comportaient deux bassins distincts et parfois de taille différente séparés par une cloison.

Sur le devant un plan incliné permettait de frotter le linge et de le savonner. L’un des bassins servait au lavage tandis que l’autre permettait le rinçage avec une eau propre.

TEMOIGNAGE
La Sianne, le lavoir collectif du hameau de Grèze (Molèdes)
La Sianne, le lavoir collectif du hameau de Grèze (Molèdes)

Le village de Grèze (Molèdes) ne possédait pas de lavoir collectif. Les femmes devaient donc s’organiser pour descendre jusqu’aux rives de la Sianne pour laver le linge de la famille. Une activité qui demandait organisation et courage.

« … Les journées de grande lessive, c’était une expédition qui demandait la journée entière. Tout le linge à laver était rassemblé, en particulier les grands draps de tous les lits. Ils étaient chargés sur le char à deux roues tiré par deux vaches dressées, avec une grande lessiveuse métallique et un sac rempli de cendre de bois pour tenir lieu de lessive. Il y avait une vingtaine de minutes de marche à pied pour descendre vers la vallée par un chemin pierreux.

Près de la Sianne, il fallait tout mettre en place rapidement pour pouvoir ramener le linge sec en fin d’après-midi. Le premier travail était la construction d’un foyer avec de grosses pierres. Il suffisait souvent de réutiliser un foyer déjà existant ou de le remettre en place. Il y avait suffisamment de bois mort à proximité. Un grand feu était allumé, la lessiveuse mise en place avec l’eau de la rivière, tout le linge et la cendre de bois.

L’entretien du feu demandait de l’attention et de la persévérance, car l’eau devait bouillir pendant une demi-heure au moins...

La lessive ayant bouilli, il fallait penser au rinçage à l’eau claire de la rivière. C’était le travail de ma mère. Il fallait extraire le linge de la lessiveuse. Elle se servait d’un bâton solide pour sortir les pièces une à une. Le rinçage se faisait dans le courant de la rivière.

La lavandière travaillait à genou dans une caisse en bois à trois côtés, qui la préservait devant pour éviter d’être mouillée. Chaque pièce était rincée individuellement et l’étendage se faisait à même le sol sur l’herbe. Lorsque le soleil commençait à baisser à l’horizon, le linge sec et sentant bon était plié sur place et ne nécessitait pas un repassage. Tout était remis sur le char pour le chemin du retour. Il fallait remonter à Grèze, c’était le plus pénible... »

Joseph Fialip (souvenirs des années 1920)

BATTOIRS
Lavage domestique du linge au village
Lavage domestique du linge au village

De tous temps le lavage domestique du linge à été effectué à un point d’eau, une fontaine... et souvent directement au ruisseau et dans la rivière la Sianne. Encore plus hier qu’aujourd’hui, la lessive était une tâche ménagère exclusivement dévolue aux femmes.